Mesure de l'empreinte environnementale

Trois grandeurs suffisent à décrire l'impact environnemental d'un système d'information : l'électricité consommée, les émissions de gaz à effet de serre et l'eau consommée. Toutes se reconstruisent par un modèle dont les hypothèses déterminent le résultat. Nous construisons ce modèle, nous en documentons les limites, et nous le rendons utilisable pour décider.

DÉFIS

Cadre d'intervention et défis macros

La difficulté n'est pas de trouver un chiffre : les consoles des fournisseurs en produisent, les outils du marché aussi. Elle est que ces chiffres reposent sur des méthodologies hétérogènes, des périmètres variables et des hypothèses rarement publiées, ce qui les rend incomparables entre eux et souvent inexploitables pour une décision d'architecture. Notre travail consiste à reconstruire une chaîne de calcul dont vous connaissez chaque paramètre, à en mesurer l'incertitude, et à réconcilier ce modèle avec les données de vos fournisseurs en expliquant l'écart plutôt qu'en le masquant.

Périmètre d'intervention

Dimensions et enjeux traités sur le terrain

Les trois grandeurs fondamentales

L'électricité, le carbone et l'eau ne se déduisent pas l'une de l'autre et ne servent pas les mêmes décisions. L'électricité est une ressource contrainte en soi : la saturation des réseaux de raccordement dans certaines zones bloque déjà des projets d'aménagement, indépendamment de toute considération carbone. Le carbone agrège plusieurs gaz à effet de serre exprimés en équivalent CO₂, dont le méthane, dont le pouvoir de réchauffement est 28 à 36 fois supérieur à celui du dioxyde de carbone sur 100 ans. L'eau, enfin, est une ressource régionalement contrainte que le refroidissement des installations consomme de manière définitive. Nous produisons les 3, et nous explicitons celle qui pilote quelle décision.

Le modèle de calcul et ses coefficients

La chaîne de calcul s'écrit en trois temps : la puissance appelée par le matériel informatique, multipliée par le rendement d'utilisation de l'énergie de l'installation (PUE, power usage effectiveness), donne la consommation électrique totale. Celle-ci, multipliée par l'intensité carbone du réseau et augmentée des émissions amont, donne les émissions. Multipliée par le rendement d'utilisation de l'eau (WUE, water usage effectiveness) et augmentée de l'eau incorporée, elle donne la consommation d'eau. Chaque terme repose sur une source et une hypothèse que nous documentons, du coefficient de puissance par processeur virtuel jusqu'à la durée d'amortissement retenue pour la fabrication.

Consommation, prélèvement et eau incorporée

Le prélèvement d'eau désigne le volume total soustrait à une rivière, un lac ou une nappe, dont une partie retourne au milieu. La consommation désigne la fraction définitivement retirée, par évaporation, pollution ou incorporation. C'est la seconde qui compte pour un bilan environnemental, et c'est la première que communiquent la plupart des exploitants. S'y ajoute l'eau incorporée, consommée en amont pour produire l'électricité elle-même, du refroidissement des centrales à la distribution : l'équivalent, pour l'eau, des émissions de portée 3.

Périmètre : Cloud, installations privées et terminaux

Le Cloud concentre l'attention mais rarement l'essentiel du bilan. Selon l'étude conjointe de l'ADEME et de l'ARCEP publiée en 2022, le numérique représente environ 2,5 % de l'empreinte carbone française, et les terminaux utilisateurs en constituent la part largement majoritaire, devant les centres de données et les réseaux. Un périmètre limité au Cloud produit donc un chiffre exact sur une fraction du sujet. Nous cadrons le périmètre en connaissance de cause, et nous documentons ce qui en est exclu.

Indicateurs unitaires et intensité logicielle

Un volume absolu d'émissions ne dit rien de la performance : il baisse quand l'activité baisse. La norme ISO/IEC 21031:2024, qui formalise l'indicateur d'intensité carbone logicielle (SCI, software carbon intensity), rapporte les émissions d'exploitation et les émissions amont à une unité fonctionnelle : une transaction, une requête, un utilisateur actif. C'est cet indicateur qui permet de distinguer une réduction obtenue par l'efficience d'une réduction obtenue par la contraction de l'usage, et de le confronter aux indicateurs unitaires de coût déjà produits par la pratique FinOps.

Outillage du marché et instrumentation

Le paysage se répartit en quatre familles : les consoles natives des fournisseurs de Cloud, les modèles ouverts comme Cloud Carbon Footprint ou les référentiels de Boavizta, les plateformes commerciales de pilotage de l'empreinte numérique (Resilio, Sopht, Greenly, Verdikt, Climatiq, entre autres) et les sondes de mesure directe de la consommation électrique au niveau du serveur, telles que Scaphandre ou Kepler, qui exploitent les compteurs matériels des processeurs. Chacune répond à un besoin différent et repose sur des hypothèses distinctes. Nous ne commercialisons ni ne revendons aucune de ces solutions, et nous n'entretenons aucun partenariat avec leurs éditeurs.

MÉTHODOLOGIE

Une démarche pragmatique et adaptée à votre niveau de maturité

  1. 01

    Cadrer le périmètre et l'usage attendu

    Détermination de l'usage visé : réglementaire, architecture ou appels d'offres. Cadrage du périmètre et identification des sources de données, sachant qu'un modèle de pilotage et un modèle réglementaire diffèrent par leur fréquence et leur tolérance à l'incertitude.

  2. 02

    Construire la chaîne de calcul

    Extraction des consommations via les exports de facturation au format FOCUS. Estimation de la puissance appelée à l'aide de coefficients par processeur issus de modèles de référence, couplée à l'intensité carbone et aux données d'eau incorporée.

  3. 03

    Qualifier l'incertitude et réconcilier

    Estimation de la part mesurée, extrapolée ou modélisée. Réconciliation systématique avec les chiffres fournisseurs : une incertitude connue et documentée vaut toujours mieux qu'une précision affichée sans justification.

  4. 04

    Rendre la donnée exploitable

    Traduction en indicateurs unitaires rapportés à une unité fonctionnelle métier et intégration aux tableaux de bord existants. Documentation de la méthode dans une note opposable pour pérenniser la démarche face aux changements d'équipe.

EXEMPLE CHIFFRÉ

Ce que change le choix de méthode sur un même périmètre

Une plateforme applicative consomme, sur un exercice, 21,2 MWh d'électricité imputable après application d'un rendement d'installation de 1,15, dans une région dont l'intensité carbone moyenne s'établit autour de 180 kgCO₂e/kWh.

Quatre indicateurs et une même vision globale. Chacun est rigoureusement exact mais répond à une interrogation spécifique. Le piège réside dans la publication d'un chiffre isolé, dénué de son contexte décisionnel.

LIVRABLES

Exemples de livrables

  • Modèle de calcul reproductible des trois grandeurs, historisé et rejouable sur les exercices antérieurs

  • Note méthodologique versionnée : périmètre, coefficients et millésimes, sources d'intensité carbone, hypothèses d'amortissement et clés d'allocation

  • Quantification de l'incertitude par poste, avec la part du résultat issue de mesures, de données fournisseur et d'extrapolations

  • Rapport de réconciliation avec les données publiées par vos fournisseurs, écarts expliqués poste par poste

  • Jeu d'indicateurs unitaires rapportés à une unité fonctionnelle métier, aligné sur les indicateurs de coût existants

  • Grille d'exigences de données environnementales à porter dans les contrats et les appels d'offres fournisseurs

  • Analyse comparative des solutions d'outillage envisageables au regard de votre méthode, sans recommandation commerciale

  • Volet de données exploitable pour la publication réglementaire, raccordé à la chaîne de calcul unique

KPIS

Indicateurs de pilotage

  • Part du résultat reposant sur des données d'activité plutôt que sur des ratios monétaires

  • Intensité carbone unitaire, en kgCO₂e par unité fonctionnelle métier

  • Consommation électrique unitaire, en kWh par unité fonctionnelle métier

  • Rapport entre émissions amont amorties et émissions d'exploitation

  • Écart mesuré entre le modèle interne et les données publiées par les fournisseurs

  • Part du périmètre du système d'information couverte par une chaîne de calcul automatisée

FAQ

Questions fréquentes

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